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Configurer Brevo avec un domaine hébergé chez OVH

Le principe est simple : Brevo génère les valeurs, tu les colles dans ta zone DNS OVH. Brevo t'affiche trois ou quatre enregistrements dans son écran des domaines, tu les recrées un par un dans l'espace client OVHcloud, puis tu reviens cliquer sur le bouton de vérification. Compte 20 minutes devant l'écran, et jusqu'à 48 h avant que Brevo affiche ton domaine comme authentifié.

Authentifier ton domaine, ça veut dire prouver à Brevo qu'il t'appartient, puis permettre aux serveurs qui reçoivent tes campagnes de vérifier que c'est bien toi. Ça ne garantit pas l'arrivée en boîte de réception — le contenu de tes emails et ta réputation d'expéditeur comptent au moins autant — mais sans ça, tes campagnes partent avec un handicap sérieux.

Une décision à prendre avant de commencer : Brevo recommande d'envoyer depuis un sous-domaine (par exemple emails.tondomaine.fr) plutôt que depuis ton domaine racine. L'avantage : si une campagne se passe mal, la réputation de ton domaine principal — celui de tes emails professionnels quotidiens — n'est pas touchée. L'inconvénient : une ligne de plus à configurer, et tes campagnes partent d'une adresse en @emails.tondomaine.fr. Le domaine racine fonctionne aussi, Brevo le qualifie d'« acceptable ». Si tu envoies quelques centaines d'emails par mois à des clients qui te connaissent, le domaine racine suffit ; si tu montes en volume, prends le sous-domaine.


Les valeurs à copier-coller

Ici, presque tout est propre à ton compte. Ne copie aucune des valeurs ci-dessous : ce sont des modèles pour que tu reconnaisses ce que Brevo t'affiche.

1. Le code Brevo — prouver que le domaine est à toi

Champ OVH Valeur
Type TXT
Sous-domaine (laisse vide — c'est ton domaine racine) ou le sous-domaine d'envoi
Valeur brevo-code:LA-SUITE-DE-CARACTERES-AFFICHEE-DANS-TON-COMPTE

Ce que tu dois remplacer : toute la partie après brevo-code:. C'est une empreinte unique générée pour ton compte — elle ne se devine pas, et une valeur trouvée dans un tutoriel ne validera jamais ton domaine.

2. DKIM — la signature de tes campagnes

Brevo utilise soit une entrée TXT, soit deux entrées CNAME, selon le parcours qu'il te propose. Tu ne choisis pas : tu recrées ce qu'il t'affiche.

Version CNAME (le parcours actuel, deux entrées) :

Champ OVH Valeur
Type CNAME
Sous-domaine le nom affiché par Brevo, sans ton nom de domaine à la fin
Cible la cible affichée par Brevo, avec un point final (voir l'erreur n°1 plus bas)

Version TXT (une entrée) :

Champ OVH Valeur
Type TXT
Sous-domaine le sélecteur affiché par Brevo, suivi de ._domainkey
Valeur la clé publique affichée par Brevo, qui commence par k=rsa;p=

Ce que tu dois remplacer : tout. Le nom et la valeur sont générés pour ton domaine.

Deux détails utiles : si tu as opté pour une clé DKIM en 2048 bits, la valeur dépasse 255 caractères et devra être découpée en plusieurs morceaux entre guillemets — c'est le protocole DNS qui l'impose, pas OVH, et le serveur qui vérifie recolle les morceaux. Et le préfixe sib2k que tu peux voir apparaître est simplement la marque des clés 2048 bits de Brevo.

3. DMARC — la consigne donnée aux boîtes de réception

Champ OVH Valeur
Type TXT
Sous-domaine _dmarc
Valeur v=DMARC1; p=none; rua=mailto:TON-ADRESSE@TON-DOMAINE.fr

Ce que tu dois remplacer : TON-ADRESSE@TON-DOMAINE.fr par une adresse que tu relèves vraiment.

Brevo propose de son côté la valeur v=DMARC1; p=none; rua=mailto:rua@dmarc.brevo.com, qui envoie les rapports chez Brevo. Les deux fonctionnent — mais avec la version de Brevo, les rapports partent chez Brevo et pas chez toi. Mets ton adresse, ou les deux séparées par une virgule si tu veux que Brevo les voie aussi.

Pourquoi p=none pour commencer : ça veut dire « observe et raconte-moi ». Personne n'est bloqué, et tu reçois les rapports. Tu regardes pendant 2 à 4 semaines, tu vérifies que tous tes outils légitimes — Brevo, mais aussi tes boîtes OVH, ton site, ton logiciel de facturation — sont bien reconnus, et seulement après tu durcis d'un cran vers p=quarantine, puis p=reject.

⚠️ Un domaine ne doit avoir qu'un seul enregistrement DMARC. Si tu en avais déjà un, tu le modifies, tu n'en ajoutes pas un second.

4. SPF — plus subtil qu'il n'y paraît

Surprise : Brevo n'a pas besoin du SPF pour authentifier ton domaine. Sa documentation le dit explicitement — SPF et MX ne sont pas requis. L'authentification repose sur le code de vérification et DKIM.

Ça ne veut pas dire qu'il faut l'ignorer. Si ton domaine a déjà une ligne SPF — et c'est le cas par défaut chez OVH si tu as des boîtes MX Plan, Email Pro ou Hosted Exchange — tu as intérêt à y ajouter Brevo :

v=spf1 include:mx.ovh.com include:spf.brevo.com ~all

Ce que tu dois remplacer : rien dans cette ligne, mais vérifie d'abord ce que contient la tienne. Si tu as d'autres outils, leurs include: doivent rester dans la ligne. Le SPF OVHcloud de référence est v=spf1 include:mx.ovh.com ~all ; on y insère simplement include:spf.brevo.com.

Sur le ~all de la fin : OVH recommande désormais -all « pour une protection optimale », mais précise de ne le choisir qu'une fois certain que la ligne liste tous tes expéditeurs légitimes. Tant que tu n'en es pas sûr, reste en ~all ; tu durciras plus tard.

⚠️ Un domaine ne doit avoir qu'une seule ligne SPF. Tu modifies la ligne existante — tu n'en crées pas une deuxième pour Brevo. C'est l'erreur n°2 plus bas.

Et si tu vois passer spf.sendinblue.com dans un vieux tutoriel : c'est l'ancien nom, il n'apparaît plus dans la documentation Brevo actuelle. Utilise spf.brevo.com.

5. Le sous-domaine de marque — facultatif, mais c'est lui qui aligne le SPF

Brevo propose de faire passer les liens de tes emails (liens cliquables et images) par ton domaine plutôt que par le sien. Concrètement, tu crées deux ou trois CNAME de plus, qui pointent vers r.brevolinks.com et img.brevolinks.com.

Deux bénéfices : tes destinataires ne voient plus une URL Brevo quand ils survolent un lien, et surtout ça aligne le SPF sur ton domaine d'envoi, ce qui renforce ton DMARC. Sans ça, tes envois Brevo sont alignés par DKIM uniquement — ce qui suffit pour passer DMARC, mais te laisse sur une seule jambe.

Brevo le réserve aux utilisateurs d'IP dédiée dans son nouveau parcours, tout en le recommandant fortement à tout le monde.


Le chemin de clics

Côté Brevo — récupérer les valeurs

  1. Dans Brevo, ouvre le menu de ton compte (en haut à droite).
  2. Settings (Paramètres) → Senders, Domains, IPs → onglet Domains.
  3. Bouton d'ajout de domaine, saisis ton domaine (ou ton sous-domaine d'envoi).
  4. Clique sur Authenticate.
  5. Choisis « Authenticate the domain yourself » — l'option manuelle.
  6. Brevo affiche la liste des enregistrements à créer, chacun avec un bouton de copie. Laisse cet onglet ouvert, tu vas faire des allers-retours.

L'option « Authenticate the domain automatically » existe : Brevo te demande les identifiants de ton hébergeur DNS et pose les enregistrements à ta place. Elle fait gagner du temps, mais elle suppose de confier tes accès OVH à un tiers. À toi de voir — nous, on préfère la version manuelle, et de toute façon on ne touche jamais à ta zone DNS à ta place.

Côté OVH — créer les entrées

  1. Connecte-toi à ton espace client OVHcloud.
  2. Web CloudNoms de domaine → clique sur ton domaine → onglet Zone DNS.
  3. Bouton Ajouter une entrée, au-dessus du tableau : le formulaire s'ouvre juste en dessous.
  4. Sélectionne le type : TXT pour le code Brevo, le DMARC et un DKIM en TXT ; CNAME pour un DKIM en CNAME et les liens de suivi.
  5. Renseigne Sous-domaine, puis Valeur (pour un TXT) ou Cible (pour un CNAME). Laisse le TTL sur Par défaut.
  6. Clique sur Ajouter. Une seule étape, pas de résumé à valider.

Si ton écran ouvre un assistant en plusieurs étapes (Suivant, puis Confirmer), c'est l'ancienne version de l'interface : mêmes champs, même résultat.

Le champ « Sous-domaine » attend la partie gauche uniquement. OVH ajoute automatiquement ton nom de domaine à la fin — il le dit lui-même : le .tondomaine.fr est « déjà prérempli ». Pour DMARC, tape _dmarc et rien d'autre — _dmarc.tondomaine.fr créerait _dmarc.tondomaine.fr.tondomaine.fr.

Pour modifier ta ligne SPF existante plutôt qu'en créer une seconde : repère la ligne TXT ou SPF dans le tableau de la zone (le bouton Filtrer sur les types TXT et SPF aide, l'enregistrement peut apparaître sous l'un ou l'autre), ouvre le menu au bout de la ligne, puis Modifier l'entrée : la ligne se déploie en formulaire.

Retour côté Brevo — vérifier

Une fois toutes les entrées créées, retourne dans Settings > Senders, Domains, IPs > Domains et clique sur Authenticate this email domain, en bas de la page qui affiche les enregistrements. Si Brevo ne voit rien, ce n'est pas forcément raté : la propagation peut prendre jusqu'à 48 h. Attends une heure et réessaie avant de tout défaire.


Les 3 erreurs qu'on voit le plus souvent sur cette configuration

1. Le point final oublié sur la cible d'un CNAME

C'est l'erreur reine de la combinaison Brevo + OVH, et elle est invisible à l'œil nu. OVH le documente : quand la cible d'un enregistrement est un nom de domaine, il faut le ponctuer d'un point final. Sinon, OVH ajoute ton propre nom de domaine à la fin. Tu tapes r.brevolinks.com, OVH enregistre r.brevolinks.com.tondomaine.fr — qui n'existe pas.

Comment tu le reconnais : Brevo refuse obstinément de valider un enregistrement que tu as pourtant recopié caractère par caractère. Dans le tableau de la zone DNS OVH, regarde la colonne de la cible : le nom de ton domaine y est collé à la fin.

Le correctif : modifie l'entrée et écris la cible avec un point à la fin — r.brevolinks.com. — puis revalide dans Brevo.

Dans la même famille : OVH déconseille de créer un CNAME et un TXT sur le même sous-domaine. Le DNS ne peut renvoyer qu'une réponse, et le résultat devient aléatoire. Si Brevo te demande un CNAME là où tu as déjà un TXT, supprime l'ancien.

2. Une deuxième ligne SPF pour Brevo

Le réflexe naturel : Brevo demande include:spf.brevo.com, on crée une nouvelle entrée SPF. Résultat : deux lignes v=spf1 sur le même domaine, et le SPF ne fonctionne plus du tout — ni pour Brevo, ni pour tes boîtes OVH.

Variante spécifique à OVH : dans le formulaire assisté SPF, la case Inclure les serveurs e-mail OVH écrit include:mx.ovh.com. Pour Brevo, ajoute spf.brevo.com dans le champ Serveurs supplémentaires à autoriser (include) de ce même formulaire, vérifie la ligne dans le cadre Aperçu de l'enregistrement SPF — et ne crée pas une deuxième entrée.

Comment tu le reconnais : ton scan affiche « plusieurs SPF détectés », ou tes rapports montrent un SPF en erreur (permerror) alors que chaque ligne a l'air correcte. Certains destinataires t'acceptent, d'autres non.

Le correctif : une seule ligne, tous les include: dedans. Tu modifies l'existante via Modifier l'entrée, et tu supprimes la ligne en trop (Supprimer l'entrée).

3. Copier une valeur trouvée dans un tutoriel

Le code Brevo, le nom des CNAME DKIM et la clé publique sont générés pour ton compte et ton domaine. Un guide qui te donne un code Brevo tout fait ou un brevo._domainkey en dur te fait perdre une après-midi — y compris celui que tu es en train de lire, qui te donne des modèles et pas des valeurs.

Comment tu le reconnais : Brevo affiche « Not authenticated » indéfiniment, alors que tes entrées sont bien visibles dans la zone OVH et correctement orthographiées.

Le correctif : reviens dans l'écran des domaines de Brevo et utilise les boutons de copie, un par un, sans rien retaper à la main. C'est fastidieux, c'est la seule méthode fiable.


Combien de temps avant que ça prenne effet

  • Dans l'espace client OVH : la modification est enregistrée immédiatement.
  • Sur Internet : OVH annonce 4 à 24 h pour une propagation complète, et jusqu'à 24 h pour un ajout d'entrée TXT.
  • Côté Brevo : jusqu'à 48 h avant que ton domaine s'affiche comme authentifié. Brevo n'annonce pas de délai typique plus court — en pratique c'est souvent bien plus rapide, mais ne t'inquiète pas avant 48 h.
  • Pour les rapports DMARC : les premiers arrivent 24 à 72 h après la publication de l'enregistrement, puis environ une fois par jour.

Le conseil pratique : crée toutes les entrées d'un coup, va faire autre chose une heure, puis reviens cliquer sur le bouton de vérification. Cliquer douze fois dans les cinq premières minutes ne fait qu'ajouter du doute.


Pour aller plus loin

Vérifie que c'est bon

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